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Il n’existe pas, dans le Programme de péréquation, de question plus litigieuse que la façon de traiter les revenus des ressources naturelles. Pendant ses consultations, le Groupe d’experts a entendu exprimer des opinions bien arrêtées et diamétralement opposées par les provinces et les universitaires. Il ne s’agit pas uniquement d’une question de principe. Les revenus des ressources naturelles sont une cause très importante de disparité entre les capacités fiscales des provinces. Les répercussions sont également très différentes d’une province à l’autre selon qu’on exclut ou qu’on inclut les ressources naturelles dans la formule de péréquation, et selon la mesure dans laquelle on le fait.
Le Groupe d’experts a examiné les diverses idées et options et tenté de parvenir à un juste équilibre dans ses recommandations. La présente annexe donne un aperçu de ces questions et expose les recommandations du Groupe d’experts.
Les revenus des ressources naturelles sont une cause très importante de disparités de capacité fiscale entre les provinces au Canada. Par exemple, en 2004-2005, les revenus des ressources naturelles, par habitant, ont varié dans une fourchette allant de 6 $ à l’Île-du-Prince-Édouard à quelque 3 150 $ en Alberta. La moyenne nationale par habitant se chiffrait à environ 520 $. Aucune autre source importante de revenus provinciaux n’est répartie de façon aussi inégale. Les revenus des ressources naturelles influent donc énormément sur les droits de péréquation des provinces bénéficiaires.
Même si la répartition exacte de la capacité liée aux ressources naturelles varie au fil du temps, il est juste d’affirmer qu’elle est fortement concentrée dans l’Ouest canadien, et en particulier en Alberta, qui possède de loin les plus vastes réserves de pétrole et de gaz et qui, par conséquent, dispose d’une capacité fiscale de beaucoup supérieure à celle de toute autre province. Une capacité de tirer des revenus des ressources naturelles supérieure à la moyenne en Colombie-Britannique et en Saskatchewan compense dans une large mesure leur capacité inférieure à la moyenne au titre des autres assiettes fiscales de revenus autonomes. Cela explique leurs droits de péréquation relativement modestes et irréguliers, ainsi que leur tendance à bénéficier du programme à certaines époques et à ne pas y être admissibles à d’autres. Cela est aussi en train de devenir de plus en plus vrai pour Terre-Neuve-et-Labrador, dont les revenus croissants tirés des ressources pétrolières compensent de plus en plus une capacité nettement inférieure à la moyenne au titre des autres assiettes fiscales. L’Ontario dispose d’une capacité fiscale supérieure à la moyenne au titre des autres
assiettes fiscales des revenus autonomes, ce qui fait plus que compenser une capacité inférieure à la moyenne dans le domaine des ressources naturelles.
Les cinq autres provinces affichent toutes une capacité inférieure à la moyenne au titre à la fois des revenus des ressources naturelles et des autres revenus autonomes. Les revenus des ressources naturelles représentaient 15 % de leurs droits de péréquation globaux en 2004-2005.
Les consultations du Groupe d’experts et l’examen de la formule se sont articulées autour de trois grandes questions découlant des caractéristiques bien particulières des revenus des ressources, à savoir :
- Quel est le taux approprié d’inclusion des revenus des ressources naturelles?
- Comment la péréquation devrait-elle mesurer la capacité fiscale de tirer des revenus des ressources?
- Comment la péréquation devrait-elle tenir compte de la volatilité des revenus des ressources naturelles?
La difficulté de trouver la bonne réponse à ces questions, et particulièrement aux deux premières, est illustrée au tableau 1. Comme le montre le tableau, le taux d’inclusion et la mesure de la capacité fiscale au titre des ressources naturelles ont changé à plusieurs reprises depuis l’instauration du Programme. 
Tableau 1 – Modifications importantes apportées au traitement des revenus des ressources naturelles dans le Programme de péréquation, 1957-2004

| Période |
Modifications importantes apportées au traitement des revenus des ressources naturelles dans le Programme de péréquation |
Nombre d’assiettes fiscales des ressources naturelles distinctes |
| 1957–1962 |
Lors de sa création en 1957, la péréquation ne compte que trois assiettes fiscales : impôt sur le revenu des particuliers, impôt sur le revenu des sociétés et droits de succession. Les revenus des ressources naturelles ne sont pas pris en compte. |
Aucune |
| 1962–1967 |
Les ressources naturelles font l’objet de la péréquation. Toutefois, l’inclusion est établie à 50 % de la moyenne mobile sur trois ans des revenus réels des ressources naturelles des provinces. |
1 |
| 1967–1972 |
Adoption du Régime fiscal représentatif (RFR) au lieu de l’utilisation des revenus réels. Taux d’inclusion de 100 %. |
7 |
| 1972–1977 |
La crise des prix du pétrole en 1973 entraîne la réduction du taux d’inclusion du pétrole et du gaz, qui est fixé à 33,3 % à compter de 1974. |
7 |
| 1977–1982 |
Le taux d’inclusion est fixé à 50 % pour toutes les revenus des ressources naturelles non renouvelables (y compris le pétrole et le gaz). |
9 |
| 1982–1987 |
Retour à l’inclusion à 100 % (avec l’adoption de la norme des cinq provinces pour prévenir une hausse spectaculaire des droits de péréquation). |
12 |
| 1987–1992 |
Ajout de deux nouvelles assiettes fiscales liées au pétrole et au gaz (y compris les revenus des ressources extracôtières partagés avec les provinces) et sub-division de l’assiette fiscale des minéraux en cinq nouvelles assiettes fiscales. |
18 |
| 1992–1994 |
Regroupement de plusieurs assiettes fiscales relatives au pétrole et au gaz et aux ressources minérales. |
15 |
| 1994–1999 |
Mise en œuvre d’une solution générique (c.-à-d., inclusion à un taux de 70 %) pour les assiettes fiscales concentrées dans une province |
15 |
| 1999–2004 |
Autres subdivisions et regroupements d’un certain nombre d’assiettes fiscales relatives au pétrole et au gaz et regroupement de toutes les assiettes fiscales distinctes liées aux ressources minières en une seule fondée sur la rentabilité (à titre d’approximation de la rente économique). |
14 |
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