Groupe d'experts sur la péréquation et la formule de financement des territoires
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Questions clés en vue de l'examen de la péréquation et de la formule de financement des territoires

2. Qu'est-ce que le Programme de péréquation et la formule de financement des territoires (FFT)?

Le Programme de péréquation et la FFT sont des transferts de l'administration fédérale aux administrations provinciales et territoriales. Leur but est de fournir aux provinces et aux territoires les moyens financiers nécessaires pour offrir à leurs résidents des services publics raisonnablement comparables, moyennant des niveaux d'imposition eux aussi raisonnablement comparables. Si ce n'était de ces programmes, les résidents des provinces et territoires moins riches devraient assumer un fardeau fiscal plus lourd ou recevoir des services publics moindres que ceux des provinces et territoires plus riches.

Ces deux programmes constituent en quelque sorte un système fédéral de supplément de revenu à l'intention des provinces et des territoires. L'attribution des fonds repose sur une formule et permet de combler l'écart entre les revenus que les provinces et territoires sont à même de percevoir (selon des niveaux d'imposition types) et les revenus dont ces administrations ont besoin pour fournir des services publics raisonnablement comparables à leurs résidents.

Depuis 1982, on utilise dans le Programme de péréquation une norme de revenus par habitant fondée sur les cinq provinces « moyennement riches » (Colombie Britannique, Saskatchewan, Manitoba, Ontario et Québec); pour effectuer ce calcul, on utilise des taux d'imposition moyens et on définit les assiettes fiscales selon une approche uniforme. Par exemple, ainsi qu'on peut le voir à la figure 1, les calculs effectués aux fins de péréquation montrent que, en 2004 2005, chaque province avait besoin de 6 200 $ par résident environ pour fournir des services publics raisonnablement comparables. Il s'agit là de la « norme des cinq provinces ». La formule permet de calculer les revenus que chaque province est à même de percevoir en appliquant des niveaux types d'imposition (ce qui correspond à la capacité de « revenus autonomes »); tout écart par rapport à la norme donne lieu à des paiements de péréquation. Une fois ces paiements effectués, toutes les provinces bénéficiaires disposent des mêmes revenus par habitant, soit 6 200 $. Les provinces dont les revenus excèdent ce montant (l'Alberta et l'Ontario) n'ont pas droit à des paiements de péréquation. Elles n'ont pas non plus à verser une partie de leurs revenus pour acquitter le coût du Programme de péréquation ni à prendre des mesures pour réduire les écarts qui persistent après le versement des paiements de péréquation.

Figure 1 – Péréquation de la capacité de revenus autonomes aux termes de la formule de péréquation actuelle, 2004-2005

Péréquation de la capacité de revenus autonomes aux termes de la formule de péréquation actuelle, 2004-2005

Définition des principaux concepts de la péréquation

Capacité à percevoir des revenus ou capacité fiscale
Les revenus par habitant qu'une administration provinciale ou territoriale est en mesure de percevoir en appliquant des taux d'imposition types (p. ex., le taux national moyen d'imposition) aux différentes assiettes de revenus habituellement imposées par ces administrations. On parlera alors de revenus « autonomes ». Les comparaisons relatives à la capacité fiscale doivent reposer sur des assiettes de revenus normalisées. Ainsi, une province qui n'applique pas de taxe de vente est néanmoins réputée être en mesure d'appliquer une telle taxe.

Norme de péréquation
Montant de revenu, exprimé en dollars par habitant, que touche chaque province bénéficiaire de la péréquation.

Paiements de péréquation
Paiements correspondant à l'écart entre la norme de péréquation et la capacité fiscale de chaque province.

Subventions assimilables à des paiements de péréquation (ci après, « subventions de péréquation »)
Ensemble des transferts gouvernementaux comme le Programme de péréquation et la FFT, qui visent à ce que les administrations publiques disposent de revenus suffisants pour offrir des services publics raisonnablement comparables, moyennant des niveaux d'imposition raisonnablement comparables.

Figure 2 - Nivellement des écarts de besoins financiers aux termes de la Formule de financement des territoires

Nivellement des écarts de besoins financiers aux termes de la Formule de financement des territoires

Légende Besoins en dépenses (ADB) Légende Capacité de revenus auton Légende Transferts féd. (sauf FFT)


Définition des principaux concepts qui sous tendent la FFT

Besoins en dépenses
Concept utilisé pour la FFT mais non pour le Programme de péréquation. Il sert à mesurer les dépenses qu'une administration publique devrait engager pour offrir à ses résidents des services de base raisonnablement comparables à ceux fournis par les autres administrations. Ces besoins sont déterminés en tenant compte de la demande de services publics et des coûts qui y sont associés. Si l'on prend l'exemple de l'éducation, les besoins en dépenses seront calculés en fonction du nombre d'enfants d'âge scolaire, du pourcentage d'enfants ayant des besoins particuliers et du coût rattaché au corps enseignant et aux établissements d'enseignement dans la province ou le territoire.

Dans la pratique, la FFT est fondée sur une approximation très simple des besoins en dépenses (voir ci après).

Assiette des dépenses brutes (ADB)
Méthodologie consistant à calculer les besoins en dépenses de chaque territoire en vue de déterminer le montant des subventions aux termes de la FFT. L'ADB est calculée en fonction d'un ensemble de besoins territoriaux, déterminés à partir des dépenses engagées par les territoires en 1982, des rajustements étant apportés afin de tenir compte de la croissance de l'économie et de la population depuis ce temps.

Revenus admissibles
Mesure des revenus autonomes potentiels de chaque territoire, auxquels on ajoute certains autres transferts fédéraux reçus.

Besoins financiers/subventions aux termes de la FFT
Différence entre les besoins en dépenses du territoire, établis au moyen de l'ADB, et ses revenus admissibles. Normalement, les subventions annuelles versées aux termes de la FFT sont égales aux besoins financiers de chaque territoire (sauf en cas de contraintes budgétaires, par exemple l'imposition d'un plafond empêchant les subventions versées de combler la totalité des besoins des territoires).

Droits à la péréquation 1993-1994 à 2005-2006 (millions $)

Année T-N Î-P-É N-É NB QUÉ ONT MAN SASK ALTA C-B TOTAL
1993-94 900 175 889 835 3,878 0 901 486 0 0 8,063
1994-95 958 192 1,065 927 3,965 0 1,085 413 0 0 8,607
1995-96 932 192 1,137 876 4,307 0 1,051 264 0 0 8,759
1996-97 1030 208 1,182 1,019 4,169 0 1,126 224 0 0 8,959
1997-98 1093 238 1,302 1,112 4,745 0 1,053 196 0 0 9,738
1998-99 1068 238 1,221 1,112 4,394 0 1,092 477 0 0 9,602
1999-00 1169 255 1,290 1,183 5,280 0 1,219 379 0 125 10,900
2000-01 1112 269 1,404 1,260 5,380 0 1,314 208 0 0 10,948
2001-02 1055 256 1,315 1,202 4,679 0 1,362 200 0 240 10,310
2002-03 875 235 1,122 1,143 4,004 0 1,303 106 0 71 8,859
2003-04 766 232 1,130 1,142 3,764 0 1,336 0 0 320 8,690
2004-05 762 277 1,313 1,326 4,155 0 1,607 652 0 682 10,774
2005-06 861 277 1,344 1,348 4,798 0 1,601 82 0 590 10,900

Formule de financement des territoires (millions $)

Année YUKON TNW NUNAVUT TOTAL
1993-94 289 861 0 1,150
1994-95 289 889 0 1,178
1995-96 292 904 0 1,196
1996-97 289 908 0 1,197
1997-98 307 921 0 1,228
1998-99 310 935 0 1,245
1999-00 319 493 520 1,332
2000-01 336 310 566 1,212
2001-02 356 543 611 1,510
2002-03 374 592 659 1,625
2003-04 430 600 687 1,717
2004-05 466 678 756 1,900
2005-06 487 714 799 2,000

Différences essentielles entre le Programme de péréquation et la FFT

  • Les transferts aux termes de la FFT représentent entre 71 % et 86 % des revenus des territoires, tandis que les paiements de péréquation ne représentent qu'un faible pourcentage des revenus provinciaux (entre 2 % et 27 % à l'heure actuelle).
  • À l'heure actuelle, on calcule les besoins en dépenses de chaque territoire aux fins de la FFT; dans le cas de la péréquation, on ne calcule pas ces besoins.
  • Aux fins de la FFT, il est tenu compte d'autres transferts fédéraux en plus des revenus autonomes.

De même, la FFT a pour objet de permettre aux administrations des territoires de disposer de revenus suffisants pour offrir à leurs résidents des services de base raisonnablement comparables à ceux fournis aux autres citoyens, en tenant compte des besoins en dépenses particuliers de ces territoires et du coût plus élevé de la prestation de services publics dans le Nord. La FFT fonctionne de la même manière que la péréquation, sauf que les normes relatives aux revenus nécessaires sont différentes pour chaque territoire, de façon à tenir compte des écarts entre leurs besoins en dépenses, ces écarts étant attribuables à divers facteurs, dont la densité de population.

Les paiements de péréquation totaliseront près de 11 milliards $ en 2005 2006 et ceux effectués aux termes de la FFT, 2 milliards $. Les paiements de péréquation par habitant iront de quelque 80 $ en Saskatchewan à plus de 600 $ au Québec et à près de 2 000 $ à l'Île du Prince Édouard. L'importance de ces paiements varie selon que la province est proche ou éloignée de la norme. Exprimés par habitant, les paiements aux termes de la FFT sont nettement plus élevés, en raison des besoins plus importants des territoires du Nord et de leur faible densité de population; ils vont de 15 000 $ pour le Yukon à 25 000 $ pour le Nunavut.

L'importance des paiements de péréquation par rapport aux revenus provinciaux varie beaucoup; en 2004 2005, cela allait de moins de 10 % dans le cas du Québec à plus de 20 % dans celui des provinces Atlantiques. En comparaison, l'importance de la FFT est bien supérieure, allant de 70 % à 75 % dans le cas du Yukon et des T.N. O., et dépassant 85 % pour le Nunavut.

Tant le Programme de péréquation que la FFT sont des programmes fédéraux, financés à même les impôts perçus auprès de l'ensemble des Canadiens. Les provinces et les territoires ne prennent aucune part à leur financement.

Les principes qui sous tendent le Programme de péréquation remontent aux recommandations de la Commission Rowell Sirois, tout juste avant la Deuxième Guerre mondiale, et à l'adoption d'une loi créant le Programme de péréquation en 1957. Plus récemment, soit en 1982, le principe de la péréquation était enchâssé dans la Constitution canadienne. Ce programme est exécuté en vertu de dispositions législatives fédérales qui font normalement l'objet d'un renouvellement tous les cinq ans, à la suite de consultations fédérales provinciales.

La FFT reposait jusqu'à récemment sur des accords intergouvernementaux d'une durée de cinq ans; elle a été elle aussi enchâssée dans une loi fédérale, à la suite de l'adoption par le Parlement des dispositions législatives mettant en vigueur le nouveau cadre pour la péréquation et la FFT, annoncé en octobre 2004 (se reporter à la section 5).

LOI CONSTITUTIONNELLE DE 1982
PÉRÉQUATION ET INÉGALITÉS RÉGIONALES

(1) Sous réserve des compétences législatives du Parlement et des législatures et de leur droit de les exercer, le Parlement et les législatures, ainsi que les gouvernements fédéral et provinciaux, s'engagent à

  • promouvoir l'égalité des chances de tous les Canadiens dans la recherche de leur bien-être;
  • favoriser le développement économique pour réduire l'inégalité des chances;
  • fournir à tous les Canadiens, à un niveau de qualité acceptable, les services publics essentiels.

(2) Le Parlement et le gouvernement du Canada prennent l'engagement de principe de faire des paiements de péréquation propres à donner aux gouvernements provinciaux des revenus suffisants pour les mettre en mesure d'assurer les services publics à un niveau de qualité et de fiscalité sensiblement comparables.

Les paiements aux termes de la péréquation et de la FFT sont effectués aux administrations provinciales et territoriales pour leur permettre de disposer de fonds suffisants en vue d'offrir aux Canadiens des services publics raisonnablement comparables, moyennant des niveaux d'imposition eux aussi raisonnablement comparables, dans des domaines comme les soins de santé, l'éducation, les services sociaux, les routes et les transports. Ces deux programmes en sont donc venus à symboliser l'engagement envers l'égalité des chances et le partage, des valeurs qui unissent les Canadiens.

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Dernière mise à jour : 2010-09-06 Haut de la page Avis importants