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Questions clés en vue de l'examen de la péréquation et de la formule de financement des territoires
4. De l'objet général aux objectifs des programmes
L'objet général des subventions de péréquation
- des services publics provinciaux et territoriaux raisonnablement comparables,
moyennant des niveaux d'imposition raisonnablement comparables -
se reflète dans les objectifs concrets du Programme de péréquation
et de la FFT. Cela exige de nombreux compromis, comme on peut le voir ci après.
Péréquation et FFT -
Objectifs des programmes
Adéquation
Les subventions versées doivent être adéquates
et permettre aux administrations provinciales et territoriales de disposer
des revenus suffisants pour fournir des services publics raisonnablement
comparables moyennant des niveaux d'imposition raisonnablement comparables.
Équité
L'équité est un concept comportant de nombreuses
dimensions; dans le présent contexte, on l'interprétera
de façon générale comme signifiant un « traitement
raisonnablement comparable » pour l'ensemble des administrations;
une équité parfaite est impossible.
Dans une optique opérationnelle, l'équité correspond
souvent au degré d'exactitude et d'exhaustivité
avec lequel on mesure les écarts de capacité fiscale ou
de besoins financiers entre administrations provinciales et territoriales.
Cet objectif est au cœur de ces programmes. Il faut aussi tenir compte
à cet égard de la période relativement à laquelle
les écarts relatifs sont mesurés et compensés.
Stabilité
Cet aspect a trait à la variation des paiements versés
aux administrations bénéficiaires d'une année
à l'autre, compte tenu de leur situation économique
et de l'évolution des écarts de capacité fiscale.
Un manque de stabilité des paiements peut rendre plus difficile
la planification financière des administrations bénéficiaires.
Prévisibilité
Il est question ici de la fréquence et de l'ampleur
des changements dont font l'objet les transferts relatifs à
une année donnée, postérieurement au versement des
paiements. Ainsi, dans le Programme de péréquation, les
paiements peuvent être recalculés plusieurs années
après leur versement, une fois que l'on dispose de renseignements
plus à jour, ce qui donne parfois lieu au recouvrement de sommes
importantes auprès des provinces. La prévisibilité
est une préoccupation importante pour certaines administrations
bénéficiaires.
Réactivité
Rapidité avec laquelle les paiements sont modifiés
en fonction de l'évolution de la capacité fiscale
relative des administrations. Pour assurer la stabilité et la prévisibilité
des paiements, il faut nécessairement accepter une réactivité
moindre.
Effets incitatifs
Mesure dans laquelle les transferts fédéraux influencent
indûment les décisions fiscales et les choix de dépenses
des administrations provinciales et territoriales, ont un effet désincitatif
sur le développement économique en général
et engendrent une dépendance indue. Certains utilisent le terme
« neutralité » pour désigner cet objectif.
Transparence/reddition de comptes/régie
L'exécution de ces programmes est elle assez transparente
pour que les Canadiens puissent tenir les gouvernements responsables de
l'atteinte des objectifs mentionnés précédemment?
Les Canadiens disposent ils de l'information requise à cette
fin?
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Figure 3 - Quelques compromis devant être étudiés
par le Groupe
De nombreux compromis stratégiques sont possibles entre ces objectifs
qui servent souvent aussi de critères d'évaluation du Programme
de péréquation et de la FFT. Des transferts trop élevés
(c'est à dire qui font plus que combler l'écart pour
les provinces et territoires moins riches) peuvent être inéquitables
pour les Canadiens résidant dans des régions non bénéficiaires
de ces programmes. Ils peuvent aussi être contestables par les contribuables
canadiens, qui verront d'autres postes de dépenses prioritaires
moins bien financés. À l'opposé, si les transferts
sont trop bas, cela pourrait empêcher la prestation de services publics
raisonnablement comparables à l'ensemble des Canadiens, où
qu'ils résident. Enfin, les provinces bénéficiaires
et provinces non bénéficiaires pourraient avoir des vues différentes
sur le degré d'adéquation du programme aux disparités
à compenser.
L'exclusion de certaines sources de revenus (p. ex. les ressources naturelles)
du calcul des droits à la péréquation et des droits aux
termes de la FFT donnera lieu à une sous estimation de la capacité
fiscale réelle des provinces qui disposent en abondance de telles ressources
et, peut être aussi, à un traitement trop favorable pour ces provinces
par rapport à celles où les ressources naturelles sont plus limitées.
D'autre part, l'exclusion de certains revenus peut permettre d'éviter
des effets désincitatifs (par exemple, une réduction excessive
de la péréquation en raison des revenus tirés de l'exploitation
des ressources naturelles).
La stabilité et la prévisibilité des paiements se feront
forcément au détriment de l'exactitude à court terme
des mesures de la capacité fiscale. Enfin, la volonté d'effectuer
des mesures toujours plus précises est susceptible d'accroître
la complexité du système et d'en réduire la transparence.
En résumé, aucun programme de péréquation ne saurait
rencontrer tous ces objectifs à la fois. Dans la pratique, des compromis
sont nécessaires, et les intervenants verront différemment les
compromis à privilégier.
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